Le blog de Sayaka

Journal intime, critiques de livres ou BD, essais, etc. par une japonaise francophone non native..Toujours avec des traces de combat pour l'apprentissage de cette belle langue...le français.

03 novembre 2009

Je suis vivante....

Merci beaucoup pour des messages et des commentaires. Je suis bien vivante, mais assez occupée en ce moment....

Là maintenant, je suis en train de préparer un cours des sciences studies pour une faculté des sciences. Le sujet du cours pour demain sera "comment peut-on distinguer les sciences des pseudosciences?". (Soit dit en passant, je sens toujours une hésitation devant des options quand je veux dire "tomorrow's seminar" en français. Est-ce "cours de demain", "cours pour demain", "ou cours demain"?)

Si j'ose dire la conclusion provisoire sur ce sujet, basée sur quelques discussions en philosophie des sciences, c'est qu'il n'y a pas de ligne claire de démarcation entre les deux, mais quelques critères (scientifiques ou philosophiques) utilies à un jugement très probable pour la distinction. C'est à dire, il s'agit toujours du degré de probabilité, et il est en général très difficile de réfuter complètement un propos pseudoscientifique, mais la probabilité du jugement pourrait atteindre à 99% ou plus, dans certains de cas (enfin en général on ne peut pas avoir un chiffre clair comme ça, mais...).

Bon, je ne suis pas philosophe, donc mon argumentation est un peu grossière ici. Mais c'est intéressant d'aborder un tel sujet même pour le boulot. (c'est à dire, je suis historienne des sciences et je veux trop parler sur l'histoire mais on ne m'en permet pas toujours.)

 

En naviguant sur le net pour me renseigner plus sur le sujet, j'ai trouvé par hasard la page d'une association, qui s'appelle "centre de recherche en astrologie."....

Cela m'intrigue la présence d'une telle association. Je ne sais pas encore exactement sa nature, mais au moins il semble que le site contient beaucoup de sources historiques sur l'astrologie.

Par exemple, il publie une traduction d'un passage par Johannes Kepler, astronome connu par les "lois de Kepler" sur les propriétés principales du mouvement deplanètes autour du Soleil.  L'astronome pratiquait en fait  l'astrologie pour gagner sa vie (ce qui était courant à l'époque), car le salaire des mathématiciens (dans ce contexte, mathématiciens = astronomes)  était tellement bas. Donc il dit:

 

"1-4 This curiosity [predictive astrology of a frivolous kind] flourishes, and stimulates one to learn astronomy. And astronomy is not rejected, but highly praised, as is appropriate. Now, this Astrology is a foolish daughter (as I wrote in my book de Stella Cap. XII ). But dear Lord, what would happen to her mother, the highly reasonable Astronomy, if she did not have this foolish daughter. The world, after all, is much more foolish, indeed is so foolish, that this old sensible mother, Astronomy, is talked into things and lied to as a result of her daughter's foolish pranks...

The mathematician's pay would be so low, that the mother would starve, if the daughter did not earn anything. If formerly no one had been foolish enough to hope to learn of the future from the sky, then, Mr. Astronomer, you would not have gotten so clever as to think that the course of the heavens should be made known for God's honor and glory. In fact, you would have known nothing of the course of the heavens. "
(
Tertius Interveniens, 1610.)


Sinon, j'ai trouvé aussi un lien intéressant

http://charlatans.info/pseudoscience/

 

Pour une autre nouvelle, il est fort possible que je déménage à Hiroshima (ville historiquement connue pour le dégât par la bombe atomique) à partir de l'avril prochain, pour un nouveau travail. Je suis encore en attente pour l'annonce officielle. On va voir.

 

 

P.S. Pour préciser ma position philosophique sur le sujet traité dans ce séminaire, elle est en gros "bayésiennne".

14 juillet 2009

Merci beaucoup....et mes nouvelles

C'est juste pour laisser un petit mot pour vous remercier de la visite:)
Merci beaucoup vraiment...!

Ces derniers temps, j'étais complètement absente sur ce blog, en principe à cause du programme chargé, surtout depuis ce mois d'avril. Ces derniers mois j'ai assez rarement eu de weekends, soit à cause des voyages de missions, soit par des colloques à assister, etc.
Le changement de lieu principale du travail a aussi ajouté une certaine complication à ma situation: jusqu'à ce mai, j'ai travaillé 14 heures par semaine pour l'université A comme chercheur d'emploi intérim, et 4 heures et 30 min comme enseignants à trois autres universités (trois séances de cours par semaine); maintenant, j'ai un contrat CDD 40h par semaine (donc beaucoup mieux payé) pour le centre de recherche B, ayant démissionné l'université A, mais travaille toujours pour les trois autres, car je ne peux pas abandonner les séminaires au milieu du semestre. .

En plus de tout cela, il y a un autre élément. Je participe à deux ou trois projets de recherches mis par certains de mes collègues séniors (parmi les chercheurs, on appelle tous "collègues" s'ils travaillent à peu près dans le même domaine, même s'ils appartiennent chacun à d'autres établissements ). Pourquoi il y a tellement des projets? C'est parce qu'on a introduit la principe de concurrence dans nos domaines, sciences humaines, et tous les chercheurs sont sollicités d'obtenir de l'argent de la part du ministère de la recherche, en présentant un "projet".
Ainsi, milliers de projets se prospèrent et deviennent en même temps les sources de financement pour de jeunes chercheurs, en leur offrant de petits boulots ou des postes précaires attaché à tel ou tel projet.
En effet, j'en suis une. Tout à l'heure j'ai dit que je suis attachée au centre B, mais précisément dire, ce centre ne me finance pas, mais c'est le ministère de la recherche qui me paye comme un chercheur attaché à un grand projet de recherche qui est en cours dans ce centre. Cela a été en fait pareil pour l'emploi à l'université A.

Toute cette situation compliquée est arrivée chez nous après la "réforme" du monde universitaire en 2003, qui a entamé certaine forme de l'"autonomisation" (qui voulait dire la quasi-privatisation chez nous) des universités nationaux. L'Etat a supprimé beaucoup d'emplois de postes fixes pour de jeunes chercheurs, qui ont été présents jusqu'aux années 1980, tandis qu'il investissait de plus en plus d'argent au competitive research funds (budget de recherche concurrentiel?), argent que chaque chercheur doit obtenir par concurrence. Du coup, précarité, plein de petits boulots, attachements multipliés, concurrences....

Bon, c'est vrai qu'il n'est pas mal d'avoir au moins du travail dans cette situation extrêmement difficile par la crise....même si je ne sais pas exactement quel avenir j'aurai après.
Mais je veux quand même signaler un grand problème dans ce système: c'est le fait qu'il ne favorise que la concurrence, au détriment de l'aspect morale et de la qualité de nos travaux.
Par exemple Dans l'état actuel, le recrutement pour ce genre de postes "précaires" respecte rarement la principe de l'équité, malgré que le financement public y est concerné.... Pour certains cas, il n'y a presque pas de sélection. Le chef du projet cherche un jeune qui est en difficulté, en principe, parmi des anciens étudiants de son labo, et il lui demande d'envoyer un cv par mail. Et ça passe. Il le fait, parce qu'il sait la difficulté des jeunes....et il y mêle facilement le sentiment de népotisme.

Ainsi, des jeunes multiplient de petits boulots financés par de l'argent issue des concurrences, des seniors se sentent de plus en plus obligés de se mettre en concurrence pour l'obtention de budget afin de nourrir des jeunes, comme s'il est un chef d'une famille.
La machine tourne et de l'argent circule.....mais où est allé alors la philosophie?
Et la qualité de notre travail, est-elle assurée de cette façon? C'est vraiment le moment de réfléchir pour nous.

Bon ok, je m'arrête ici.
J'espère que je pourrai écrire qqc de plus joyeux pour la prochaine occasion.

*

Merci encore pour des commentaires ^ ^
Merci aussi à ceux qui lisent cet article, s'Il y en a....
J'espère qu'au moins il n'est pas trop pénible de le lire. Je sais que des choses traitées ici sont assez particulières et peu connues, même parmi mes compatriotes.


Posté par soki à 01:42 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 avril 2009

Hongkong, Universités, Manga

Ces derniers quatre mois, tout s'est passé très vite.

Voici quelques nouvelles de ma part....

Au mois de janvier, j'étais en vacances à Hong Kong pendant trois jours. C'était très cool la ville et j'adorais le paysage. J'espère que je vais avoir l'occasion de publier un article sur ce voyage dans ce blog.

En mars, j'étais en fait en France, à Paris et à Montpellier, pour mon travail. Je restais là-bas pendant trois semaines.
C'était un moment très intéressant pour moi en tant qu'enseignant chercheur, car les universités françaises et les grandes écoles étaient au plein milieu du mouvement social. Pas mal de bâtiments étaient bloqués dans les campus que j'ai visités. Il y a eu plusieurs manifestations et des réunions publiques dans les rues.
Cela m'impressionnait de voir ainsi militer les étudiants et mes collègues français : grèves aux campus, appel de signature, donner des séminaires dans la rue, manifester, etc.

Ici au Japon, on n'a eu une réforme assez similaire il y a cinq ans, mais on ne pouvait pas autant combattre. Tout est fini sous la silence, malgré les efforts de certains de mes collègues pour les critiques et les négociations. Les médias étaient presque muets et l'affaire restait quasi inconnu pour le public.

Selon certains de mes amis français, notre réforme pour le monde universitaire en 2004, cela se ressemblait beaucoup à celle que Sarkozy souhaite par la loi Pécresse, au moins à l'égard de l'"autonomie" des universités et de l'"assouplissement" de la mode de l'emploi des personnels.
Et ce dernier a en effet entraîné la précarisation massive à tous les niveaux dans notre milieu. Maintenant dans le campus, on voit partout une secrétaire qui ne travaille que 3 jours par semaine, ou un archiviste du musée universitaire avec un contrat CDD fixé à 5 ans, etc. Pareil pour les chercheurs enseignants. D'ailleurs, j'en suis une. Ce printemps, millier de personnes sont partis de mon université en raison de sa fin de contrat.

Bon, changeons le sujet.
En ce moment, j'essaie de finir un court manga fanart pour le faire publier dans un dojinshi (fanzine d'Anime), édité par une copine.p3_web

C'est juste pour le plaisir, en tant qu'amateur otaku. (Oui, je suis otaku, à un degré assez grave en fait. C'est un petit coming out ici....)
La fanzine est dédiée à Fullmetal Alchemist, dont la nouvelle série Anime a commencé ce début avril chez nous.
Je colle ici une page de mon court manga (qui n'a que 4 pages) juste pour vous amuser.

Le dessin est fait d'abord sur le papier en ancre noir et puis scané. J'utilise Photoshop elements pour achever les détails. La technologie numérique simplifie beaucoup les tâches.

Posté par soki à 12:26 - vie quotidienne - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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25 décembre 2008

Anti Noël, anti 2009 ?

J'ai lu qu'en France une association se mobilise pour lutter contre le passage à la nouvelle année, bien sûr avec plein d'humour :)
http://www.fonacon.net/

Cela m'a rappelé un mouvement "contre le Noël" au Japon.
Eux, avec une certaine humour, mais aussi avec quelques revendications un petit peu politiques, résistent contre la célébration du Noël...
Ils sont mécontents surtout des tendances spécifiques du Noël japonais: commercialisme (il faut acheter des cadeaux!), hétérosexisme (le Noël pour les adultes japonais, c'est presque une fête des amoureux comme St Valentin, tandis que pour les enfants c'est une occasion de recevoir des cadeaux).

Voici leur manif qui a eu lieu ce 23 décembre à Shibuya, Tokyo.

Une des chansons (avec images) dédiée au mouvement "Annonce de l'annulation du Noël".
Miku Hatsune (vocaloid, logiciel synthétisant la voix humaine) chante: "Le commercialisme gagne tout le monde (japonais). On fête le Noël sans rien savoir sur le Jésus Chris. C'est une fête vraiment vide. Mais cette année, le Noël est annulé. Le Père Noël est en vacances, il ne viendra pas. Et c'est moi qui suis avec toi...(c'est ironique, car Miku n'est qu'une fille virtuelle)"

Bon, mais quand même je vous souhaite tous de bonne fêtes de fin d'année!!

*

P.S. Merci pour vos commentaires et des mails! Je suis désolée de tarder à vous répondre....

Posté par soki à 12:13 - culture - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 décembre 2008

Quelle langue voulez-vous apprendre?

Pour les japonais, la langue française reste toujours une de celles attirantes.
Selon cette enquête qui demandent aux 430 personnes au téléphone la question suivante: "quelle langue vous trouvez 'cool' et voulez apprendre pour parler couramment?", le français est placé au rang deuxième(13.0% d'eux trouvent cool et veulent savoir parler), même si il est beaucoup distancé par l'anglais (64.8%).

http://bizmakoto.jp/makoto/articles/0812/09/news049.html

Pour expliquer cet écart avec l'anglais, j'ajoute qu'au Japon, pour l'instant nous n'aurons l'occasion d'apprendre une deuxième langue étrangère qu'à partir de l'université (à partir de l'âge de 18 ans), sauf quelques lycées spécialisés ou établissements privés, tandis que la plupart des japonais apprennent l'anglais pendant 6 ans au collègue et au lycée.
Donc la maîtrise du français leur apparaît donc plus dur et moins vraisemblable que celui de l'anglais.

Cette enquête a en fait la suite. On leur demande "parlez-vous une ou plusieurs langues étrangères?"
Et 67.7% répondent qu'il ou elle n'en parle presque aucune, à part quelques mots ou phrases simples.

On ne peut pas penser que l'enquête, effectuée par une compagnie privée, représente la tendance générale de l'archipel entier, car scientifiquement elle n'a pas de contrôle statistique pour le choix des exemplaires. Pourtant j'admets aussi que le résultat n'est pas trop éloigné de l'impression quotidienne.

Mon opinion?
Tout simplement je trouve qu'il est dommage que mes collègues francophones et moi n'aient aucune possibilité d'être utiles dans le système d'éducation actuel au Japon, malgré la demande potentielle.
Les lycées ne pensent pas avoir les cours du français, et ils ne nous veulent pas car nous n'avons pas de permis d'enseigner au secondaire. Ni les facultés pensent augmenter le nombre des chaires de langues françaises. D'ailleurs, il y a une tendance générale dans les cursus universitaires de diminuer les cours des autres langues étrangères que l'anglais et le chinois, car ils sont préoccupés de "rentabiliser" leurs établissements autant que possible. Le cursus du français est traité un peu comme un objet de luxe dans ce contexte actuel.

P.S. J'ai en fait du mal à traduire la question originaire en japonais 「話せるとカッコイイと思う外国語は何ですか?」
Je pense que la traduction plus exacte est "Quelle langue vous prenez pour la plus cool si vous arrivez à la parler?"
Mais j'ai l'impression que c'est étrange comme phrase en français.


Posté par soki à 11:56 - langue - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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