19 avril 2008

Ça s'écrit « aimé »

Le grand écrivain martiniquais, poète de la négritude est mort.
Quand j'étais encore jeune étudiante à Tokyo, j'ai appris son nom, qui faisait partie des matières que j'avais lues dans le cadre du "Post Colonial Studies", domaine inspiré par les facultés américaines, qui était à la mode chez nous dans les années 90.
Dans cette étude, j'ai entendu donc son nom, avec celui des auteurs penseurs vedettes du domaine, comme Franz Fanon, d'origine française martiniquaise aussi, et d'autres plus contemporains comme Edward Saïd, Gayatri Spivak, qui tous réfléchissaient sur le colonialisme et son influence sur la société de nos jours.

Pourtant passant en France pour les études au 3e cycle, j'étais éloignée de ces auteurs. J'avais d'autres choses à lire, des sources à chercher dans les archives pour mon propre sujet de recherche, qui est lié à la France du XVIIIe siècle.

Du coup, toutes mes connaissances concernant ce "Post Colonial Studies" restaient conservées dans le souvenir de ma jeunesse, tissé principalement en langue japonaise.
C'était possible, car nous avions en japonais la traduction de plusieurs ouvrages de ces auteurs.
Tous ces noms d'auteurs sont donc translittérés en japonais, katakana (alphabet phonétique) et le poète s'appelait toujours エメ・セゼール (prononcé à peu près comme « émé sézèrou») dans ma tête.

C'est juste hier, par l'annonce de sa disparition que j'ai appris pour la première fois qu'il avait un beau prénom, "Aimé", qui vient du verbe "aimer".

Très beau, et pourtant je ne sais pas exactement l'histoire et la culture derrière ce nom.
Il semble qu’il était fréquemment donné aux nouveaux nés autour des années 1920, surtout en Dom-Tom, si cette statistique est exacte.

P.S. Merci pour les commentaires à mes dernières postes !! Je vais poster mes réponses dès que possible:)

Posté par soki à 11:55 - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur Ça s'écrit « aimé »

    Oui, la perte d’Aimé Césaire est lourde, mais ce qu’il nous laisse, comme son concept de négritude, qu’il forgea en 1935 dans le troisième numéro de la revue : L'Étudiant noir, assurera une postérité à son nom. Il fut établit en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, visant à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et d’autre part à promouvoir l’Afrique et sa culture
    Léopold Sédar Senghor le reprit par la suite dans ses Chants d'ombre :

    "Nuit qui me délivre des raisons des salons des sophismes,
    des pirouettes des prétextes, des haines calculées des carnages humanisés
    Nuit qui fonds toutes mes contradictions, toutes contradictions dans l'unité première de ta négritude"

    Et je précise que ce concept construit contre l'idéologie coloniale française de l'époque, le projet de la Négritude est plus culturel que politique.
    Citation d’Aimé Césaire :
    "Je suis de la race de ceux qu’on opprime".

    Voilà…^^’
    Si tu veux je pourrai faire une petite recherche sur la sémantique du prénom d’Aimé.
    P.S : As-tu reçu mon mail ? ^^"

    Posté par Ishtar, 20 avril 2008 à 20:06 | | Répondre
  • Sur l'origine du nom: l'explication de ma grand mère en vaut certainement d'autres, mais elle avait un bon sens populaire que j'aimais bien.

    Dans l'ancien temps, les familles qui ne pratiquaient pas la contraception avaient beaucoup d'enfants: si on pouvait penser à des noms pour certains, pour d'autres on prenait le nom du saint du calendrier du jour de leur naissance. Ou on les appelait "aimé", "désiré"...

    Quand on avait pas d'enfant, le premier arrivé avec tant d'espoir pouvait être "désiré"... Quand on en avait beaucoup et qu'arrivait un nouvel enfant, on ne savait pas comment trouver l'argent pour l'élever, mais on était certain qu'on allait l'aimer...

    Ca, c'était en France métropolitaine: maintenant on ne donne plus souvent ces noms. Dans les DOM TOM, je ne sais pas trop. Je me souviens qu'en Afrique francophone, on donnait encore beaucoup de noms français assez anciens: aimé, désiré, martinien...

    Posté par chris, 21 avril 2008 à 19:47 | | Répondre
  • Oeuvres d'Aimé Césaire

    Un homme de conviction et un vrai penseur, dont la dépuille (avec accord de sa famille bien sûr) d'être transferrée au panthéon. Voici une petite liste de ses oeuvres (reprise de : http://www.frantz-fanon.com/Autres.htm ) :


    *

    Discours sur le colonialisme (essai), Ed. Réclame, Paris 1950. [lire]
    *

    Cahier d'un retour au pays natal (poésie), in revue Volontés, Paris 1939 édité en 1947 par les éditions Bordas avec une préface d'André Breton écrite en 1943 [lire]
    *

    Dépêche AFP du 6 Décembre 2005 [lire]
    *

    Les Armes miraculeuses (poésie), Ed. Gallimard, Paris 1946.
    *

    Soleil cou coupé (poésie), Ed. K., Paris 1948.
    *

    Corps perdu (poésie, illustrations de Picasso), Ed. Fragrance, Paris 1949.
    *

    Et les chiens se taisaient (théâtre), Ed. Présence Africaine, Paris 1950.
    *

    Ferrements (poésie), Ed. du Seuil, Paris 1960.
    *

    Une tempête (théâtre), Ed. du Seuil, Paris 1969.
    *

    Moi, laminaire (poésie), Ed. du Seuil, Paris 1982.

    Posté par Redouane, 23 avril 2008 à 07:02 | | Répondre
  • Salut. Je n'est pas encore out lut mais ton blog est trés interessant. Tu as du y consacrer beaucoup de temps. Moi je te dis bravo et contine comme ca.

    Posté par lucas, 04 mai 2008 à 19:44 | | Répondre
  • impressionnant

    s'est fantastique que même au japon on parle d'Aimé Césaire. je suis de Martinique et je n'imaginais pas un instant que la renommé de notre homme politique et écrivain arrivait jusque là!

    je suis encore à la découverte de ton blog mais il semble être très intéressant.

    continues comme ça!

    ps: moi j'aime bien "cahier d'un retour au pays natal" s'est une de ses plus belles œuvres!

    Posté par sab, 01 juin 2008 à 06:29 | | Répondre
  • Sayaka has the free cultur attitud

    Je découvre !!!

    Posté par Benoît, 28 janvier 2009 à 00:36 | | Répondre
Nouveau commentaire