17 février 2006
Une lettre de la Chine
Ce matin, j'ai reçu de Pékin une enveloppe A4, de la part d'un collègue japonais qui étudiait là-bas.
Il m'a gentiment envoyé un article qu'il a publié tout récemment.
Cette enveloppe m'a étrangement impressionnée par son exotisme. Je dis « étrangement », car elle avait en même temps des traits très familiers, points communs avec celle que je connais bien, l'enveloppe japonaise, comme de petites cases rouges en haut pour des numéros du département et l'adresse écrite en idéogramme. Doublement étrange aussi, quand je pense à la proximité entre ce pays et mon pays natal, par rapport à la distance qui sépare la France de ce dernier.
Et au bout de qqs moments, étant debout devant la boite de lettre, je me suis rendu compte que je n'avais jamais reçu aucune lettre de ce genre de la Chine dans ma vie, sauf qqs cartes postales, toujours de la part de ce collègue.
*
C'est dans l'après-midi que par une raison inconnue, l'idée m'est arrivée de jeter un coup d'oeil au rayon des manuels de langue chinoise chez Givert Jeune à St Michel.
Le résultat : j'ai à ma main 40 Leçons pour parler chinois, vendu au prix d'occasion, sans savoir quoi faire avec ça..........
09 février 2006
Quelques mots supplémentaires....
Permets-moi d'ajouter qqs mots au dernier article sur "les caricatures" et de préciser mon propos quatres jours après sa publication....
Quand je rédigeais le texte, j'avais une autre chose en tête, c'était une affaire, plus locale, des caricatures : le conflit chino-japonais.
Comme vous savez, ces dernières années on a connu qqs émeutes et des manifs par les Chinois animés par le sentiment antijaponais.
Bien sûr que le motif n'a jamais été la religion, mais vous savez, le nationalisme a autant ou plus de poids en Asie de nos jours que la religion dans le monde de la culture monothéiste.
Par exemple, une anecdote assez proche (peut-être) de l'affaire de cette fois : en octobre 2003, deux étudiants japonais ont présenté une pièce du théâtre devant le public chinois au moment d'une fête d'étudiants à Xi'an, en Chine. Dans cette pièce, si je m'en souviens bien, deux personnages, un homme et une femme, chacun représentant un des deux pays, montraient certains gestes sexuels et obscènes sur la scène pour suggérer "la relation amicale des deux pays". Et cela a suscité du dégoût et une grande indignation parmi les spectateurs chinois.... jusqu'à provoquer des émeutes. Ce n'est pas facile d'évaluer cette affaire, mais moi personnellement, je pense que les responsables sont en principe ces Japonais, ou précisément dire, leur ignorance sur certaines choses à l'égard du sentiment de leurs voisins, malgré leur séjour sur le terrain.
Certes la situation n'est pas la même que celle des caricatures en Europe. L'auteur danois des dessins était sur son propre sol et d'autre part l'affaire chiniose ne concernait pas directement la liberté d'expression dans les médias. Mais je ne pouvais pas m'empêcher de superposer à la position des Chinois la colère des émeutiers au proche Orient, car malgré la différence claire, il y a quand même une similitude : le passé douloureux de la colonisation (réelle ou symbolique), le sentation des menaces de sa propre valeur culturelle (ou religieuse) par les « riches » ou « puissants » du monde.
La liberté d'expression est à respecter, mais il est en même temps vrai que les caricatures par les « puissants » qui ciblent consciemment ou inconsciemment les « faibles » (ou ceux qui se sentent « humiliés », ou « défavorisés »), ce sont dans la plupart de cas.... plutôt du mauvais goût, au pire dégoûtant.
Avant de finir, une précision.... maintenant je n'ai plus de sentiment particulier à ce film du fameux réalisateur, Talantino. En fait, je me suis rendu compte après la conversation que les Américains ne constituaient plus les « puissants » pour la vision du monde de mes compatriotes, que j'avais mi-perdue au bout du long séjour en Europe. Et tout d'un coup, l'image du personnage m'est devenue qqc de peu gênant. ....J'allais retrouver pleinement cette petite arrogance, naturellement partagée parmi mes compatriotes, surtout après mon retour au pays en 2004
05 février 2006
Caricatures
Dès mon arrivée en France, j'entends parler aux médias l'histoire des caricatures de Mahomet. Cela m'impressionne d'une certaine façon...et m'appelle un petit souvenir très personnel.
Il y a deux ou trois ans, quand je vivais à Paris en tant qu'étudiante étrangère, j'étais très sensible à tous les genres de caricatures sur l'Asie et le Japon. Par exemple, un film comme « Lost in Translation » a tapé sur mes nerfs, même si ses images de Tokyo étaient parmi les plus belles que j'ai vues.
Un jour, j'étais à Tokyo pour passer les vacances du Nouvel An, et me promenais avec un copain dans le centre-ville. J'y ai remarqué un grand panneau de « Kill Bill » à la façade d'une salle du cinéma. Par réflexe, l'idée m'est arrivée de lui demander s'il avait vu le film, et j'ai dit :
« moi, je ne me sens pas l'envie de le voir, car je suis gênée de l'image d'un personnage asiatique qui apparaît dans sa bande d'annonces ».
Dans « Kill Bill », il y avait un personnage combattant joué par une actrice chinoise, et elle portait étrangement un kimono blanc typique pour la cérémonie de mariage japonais.
Mais l'opinion de ce copain japonais, menant paisiblement sa vie quotidienne dans son pays, était très différente de la mienne.
Il a dit :
« Oh, tu le trouves ? Pour moi, c'est juste amusant. Ce sont juste des caricatures très banales et typiques chez les Américains. Ce n'est pas la peine de faire la tête. D'ailleurs, la plupart de japonais aiment bien les représentations de ce genre et ils les reproduisent même dans leurs propres produits culturels. Oui, en fait ils font la même chose depuis longtemps. Par exemple, tu te souviens des jeux vidéo de Capcom dans les années 1990 ? Y a plein de personnages bizarres de ce genre. Je crois même que le réalisateur de Kill Bill a été inspiré de nos jeux vidéo. »
Tout d'un coup, j'ai compris quelque chose.
Lui, vivant dans son propre pays, entouré de ses produits culturels, il ne se sent pas du tout menacé de son existence, de sa fierté, mais pour moi, c'est le cas, au moins à l'époque, en tant que résident étranger en France.
Du coup, la différence s'est produit. Quand j'étais gênée d'une moindre caricature, il pouvait tout simplement en rigoler, et arrivait à oser évoquer la possibilité de l'influence des produits japonais sur ce fameux réalisateur (et à certain degré, il avait raison, je crois).
Bien sûr il s'agissait aussi de la différence de la nature entre lui et moi : je suis en général plus nerveuse et sensible que lui.
Pourtant, je crois que sa réponse explique suffisamment comment ton environnement change ta sensibilité à l'égard des caricatures sur des éléments qui t'appartiennent, comme culture, religion, etc. Quand tu te sens menacée ou minoritaire dans une société, tu deviens en général moins tolérant envers les représentations faites par les autres sur ta culture.
Surtout l'impression se dégrade, quand ces caricatures sont faites par ceux qui sont dans une position socialement plus favorisée, "puissante" que toi.
Pour mon cas, en tant que une asiatique dans le monde occidental, je me sentais plus faible, munie de moins de crédit social que les français ou les europpéens, tandis que mon copain n'avait aucun souci de ce genre, vivant dans son pays natal.
Bon, mon histoire n'est que celle d'une étrangère d'origine d'un pays dit « riche » et « développée ». C'est à dire, quand tu rentres dans ton pays, tu te sens assez facilement protégé, assuré.
Mais peut-être qu'il existe des gens qui ne se sentent pas complètement en asile même dans son propre pays, envahi par la pauvreté, exploité par les multinationales étrangères. Il est possible qu'en vivant dans telle situation, ils soient rarement libérés du sentiment de l'humiliation culturelle par les pays politiquement plus « puissants », dont la plupart sont occidentaux.
La liberté de l'expression c'est bien sûr important et nous devons la respecter. Mais je pense qu'il nous faut aussi toujours prendre en considération ta position par rapport aux autres quand tu exprimes qqc à l'égard de ces derniers, car selon le contexte social, ce qui est drôle pour tes amis pourrait être simplement dégueulasse pour les autres.
01 février 2006
Retour
Après la grippe, tout s'est passé très vite.
J'ai fait ma valise et suis partie en France le 31 janv et maitenant je me retrouve dans le studio à Paris.
Voilà des photos que j'ai prises dans l'avion. 

Il était au dessus du sol danois à ce moment-là, je crois.
Pour arriver à Paris, j'ai fait l'escale à Londres, car cette fois c'était British Airways que j'ai choisi. La compagnie n'était pas mal. Mais j'avais l'impression que les flight attendants étaient un peu nerveux et strictes sur les règles par rapport à ceux des autres compagnies que je connaissais. Surtout je ne les appréciais pas quand ils me demandent des choses parfois sans le mot "please". (ex. "Put your bag under the seat.")
Bon, peut-être qu'il s'agit de la différence de mentalité à l'égard de la politesse entre ces anglophones natifs et moi.
